Comme pour hâter le temps qui passe

Comme pour interdire à chaque heure d’exister

Pour qu’agonise l’angoisse

Pour qu’expire la détresse

 

Retenons notre souffle

 

Que l’odeur de la nuit ne nous emplisse plus

Sans regret, sans bruit inutile

Au compte de nos inspirations,

N’en n’ajoutons plus une

 

Retenons notre souffle

 

Prêtons l’oreille aux choses indicibles

Ecoutons ces murmures que presque rien ne sépare du silence

Et du silence faisons une religion, sans nom, sans dieu et sans rite

Entendons, alors qu’il n’y a rien à entendre

 

Retenons notre souffle

 

Rappelons-nous le soupir du dernier de nos souffles retenus

Ecoutons le silence qui nous susurre maintenant

Que toute chose qui ne disait mot nous parle enfin

Arrêtons ce temps qui ne passait que pour nous

 

Retenons notre souffle