Par-dessus le mur

Par-dessus le mur, l’herbe est plus verte, plus grasse peut-être aussi.

Par-dessus le mur, les arbres sont grands et forts. Ils touchent le ciel avec élan.

Par-dessus le mur tout semble harmonieux, calme et serein.

C’est si vaste par-dessus le mur !

 

Ici, le foin est couché et sec. Les herbes sont mutilées et jaunes

Ici, les arbres sont chigredis, tortueux et rabougris comme s’ils peinaient à vivre.

Ici l’horizon est fait de murs de pierres sèches, de grillages rouillés, de barrières et d’obstacles.

C’est si petit de mon côté du mur, de mon côté de vie

 

 

Bête nature

Un ruisseau sans eau, quoi de plus bête ?

Des bambous  venus pour l’eau, babas de ne pas pouvoir boire l’eau du ruisseau sans eau

Des bambous secs, baba du bobo de la sécheresse

Et Bibi, béat pour des bambous bébés qui n’y sont pas

Beaux les bambous qui bataillent aux abois à l’orée du bois

Bon, bon !

 

 

Fleur de banlieue

Toute la journée, tournée vers le soleil, elle a présenté sa meilleure apparence. Resplendissante dans sa robe mauve, elle a attendue patiemment la douce caresse du vent, la timide visite de l’abeille butineuse

Le soleil disparaît lentement ; elle ferme lentement ses pétales comme un épicier ferme sa boutique.

Maintenant, elle attend l’instant de la goutte de rosée, le souffle frais de la nuit.

Et recommencer au soleil levant sa vie de reine de beauté, sa vie de fleur.

 

 

Mart’

Elle se tient droite, dans une hiératique contemplation du paysage de bambous

Sa robe aux tons violines la fait ressembler aux iris qui poussent au bord de l’eau

Appliquée, son regard passe successivement des bambous à sa feuille blanche. Par moment, comme si le paysage lui avait parlé, elle transcrit le message reçu avec docilité puis reprend sa contemplation.

Un petit coup d’œil à sa montre, le temps la pousse et l’arrache à son extase bucolique.

Elle est chouette marte vue d’ici !